It's the dirtiest clean I know

Dear Lenord
to look life in the face, always, to look life in the face, and to know it for what it is, at last, to know it, to love it for what it is, and then to put it away
petite pensée à Pauline

# Online seit Sonntag, 26. August, 2007 um 16:46

Geändert am Sonntag, 16. September, 2007 um 08:53

as sudden tears fall.../photo*siyahtapot

as sudden tears fall.../photo*siyahtapot
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Debussy, Arabesque No.1

Je cours après le bonheur, sans le trouver vraiment. Je ne sais plus qui a dit que le bonheur ne devait pas être perçu comme but mais comme récompense. St Exupéry peut-être? Sûrement.

Seulement, les rares moments qui nous sont accordés contrastent avec le morne monotone du reste de notre vie, de ma vie en tout cas. je prends ces moments comme cause pour en avoir droit à d'autres. Sans en avoir l'intention, je fais le contraire de ce que cet homme, pourtant si sage, a pu dire. Je m'en veux, me trouve idiote et égoïstement égoïste, mais je ne sais que faire d'autre. Ne plus désirer le bonheur signifierait soit ne jamais l'avoir connu, soit l'avoir déjà obtenu. Mais comment être en possession d'une minime partie de celui-ci (il en faut beaucoup pour les autres) sans l'avoir désiré auparavant?
Se laisser surprendre... oui, mais par qui ? Par quoi ?

Soudainement...


Bonjour, qui es-tu ?

- Celui que tu cherches depuis tant de temps.

Je ne vois pas de quoi tu veux parler. Comment oses-tu prétendre me connaître?

-Je ne te connais pas. Je sais juste que je suis celui que tu as voulu.

Qui aurais-je pu vouloirà part un mari aimant, des enfants magnifiques, la santé, la famille, la réussite et l'argent, hein ? Dis-moi!

- Le bonheur ?

...

- Ah, tu vois!

Comment pourrais-tu être le bonheur ? Toi, si triste, ta peau est terne, tes habits gris. Tu me sembles irrité, cabossé, abîmé par la vie...

- C'est parce que je distribue mon bonheur, enfin le bonheur, à tout ces gens de ton espèce. Il n'en reste que très peu pour moi.

Et tu en voudrais ?

- Quelle question? Je ne sais pas, moi...

Eh ben, garde ma part de bonheur, tu en auras bien besoin.


Et, elle s'en va; le bonheur reprend ses couleurs, il s'est laissé surprendre; elle aussi.

# Online seit Donnerstag, 23. August, 2007 um 07:21

Il faut le buit pour entendre le silence E.-E. Schmitt /photo*siyahtapot

Il faut le buit pour entendre le silence E.-E. Schmitt /photo*siyahtapot
hier, pour le première fois, il m'a fallut écrire. J'en avais les mains qui tremblaient.
J'avais pensé me sentir heureuse et douée quand j'aurai atteind ce stade-là. Il n'en était rien, tel qu'il n'est personne. J'ai couché des mots sur du papier, ils étaient prétentieux, vides, laids, corrompus, avides, procrastineurs, sûrement comme leur auteur. En voilà encore,un mot prétentieux! Comment peut-on se qualifier d'auteur en écrivant niais sur laid ? Ensuite, j'ai fait de même que mes mots et ce que mes maux auraient dû faire: je me suis couchée, pour ne pas m'auto-exaspérer. Râté! Il faut que j'arrête de parler de moi, revenons-en à ces bonnes vielles histoires que, soit dit en passant, je ne sais pas raconter.

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Tu es exaspérante.
-J'en suis désolée.
- Alors, pourquoi continues-tu ?
-Je ne le fais pas exprès.
-Il ne manquait plus que ça.
Tu es laide. Tu es petite.
Pourquoi, diable, continues-tu ?
- Je ne le fais pas exprès.

Silence.
Pourquoi ne continues-tu pas ?
- Ce que je dis n'est pas vrai et tu n'as pas l'air de t'en rendre compte.
- C'est parce que je te crois.
- Tu crois les abrutis?
-Non, pourquoi ?
- Parce que seul un abruti peut déblatérer des âneries pareilles.
- D'où le bonnet d'âne.
-Pardon?
-Non, rien.
-Je suis un abruti.
- Non, pourquoi dis-tu cela ?
- Tu me l'as dit toi-même. Tu me crois.
-je suis folle, folle de toi, et folle de te faire croire ça.
Un temps.
Si on nous entendait!
- On nous prendrait respectivement pour une folle et un abruti!
ils éclatent de rire.

# Online seit Freitag, 10. August, 2007 um 14:24

Geändert am Freitag, 10. August, 2007 um 14:43

mon âme au diable (partie2)/photo*zapakat

mon âme au diable (partie2)/photo*zapakat
troisième scène

le médecin et la même patiente, deux impatients aussi mais sans importance

Une semaine et demi plus tard, dans le même cabinet. Un bouquet de fleurs trône bizarrement sur le bureau du médecin, il a l'air de ne pas appartenir au décor, du moins pour le moment.
(la scène commence d'ailleurs avec un spot bleu braqué sur ce bouquet, avant que le faisceau ne s'élargisse relativement rapidement)

médecin- (fait entrer la patiente) Prenez place. (il lui montre la chaise) J'ai de mauvaises nouvelles pour vous.
trentenaire- (en se levant) Je n'aurais pas dû venir ou plutôt vous n'auriez pas dû m'appeler pour m'annoncer cela.
méd.-(lui fait signe de se rasseoir) Pour une fois affrontez la réalité, s'il vous plaît.
trent.-(se rassied l'air soumis, baisse les yeux. Après quelques secondes elle finit par le regarder) Qu'aviez-vous à me dire ?
méd.- Une réalité.
trent.-(se relève) Oh, arrêtez de jouer!
méd.- (s'installe plus confortablement sur sa chaise. On devine qu'il lui manque un coussin. Crie:) Non un fait.
(le femme se retourne) Vous aviez raison, j'arrête.
(se lève à son tour) Je ne peux pas vous opérer.

La femme s'assied à terre, comme ne supportant plus le poids de cette réalité qu'elle entrevoit pour la première fois.
Le médecin voyant que son problème n'a rien de médical se rasseoit, comme soulagé, alors que nous le croyions impassible.


- C'est illégal.
trentenaire- Si cela est illégal, il devrait donc il y avoir une loi qui interdise le malheur. Celle-ci empêcherait qu'on enfreigne celle-là.

Boulversé, le médecin (après 15 sec. d'entre quatre yeux) se lève doucement, avance doucement, s'asseoit par terre en face d'elle tout aussi doucement et se met à réfléchir, lentement.
Le silence s'établit, nous n'entendons plus que les pas d'un nouveau malade entrer dans la salle d'attente (qu'on voit à moitié). Une bronchite sûrement, le virus rôde dans l'air.
Un autre feuillette un magazine auquel il ne prête aucun intérêt.
Le regard de la femme implore celui du médecin.


médecin- Laissez-moi vous ausculter.

Un temps.
Un sourire, le premier, apparaît sur le visage de la femme.


trentenaire- (se relève très rapidement, prend les fleurs hors du vase, cache le vase en ayant pris soin de vider l'eau avant et offre les fleurs au docteur) Tenez, elles sont pour vous!
méd.- (prenant le geste au huitième degré minimum) Ceci n'est que très peu conventionnel.
trent.-Pourquoi? Parce que je suis la femme et vous l'homme, n'est-ce pas ?
méd.- Non, parce que ce sont déjà mes fleurs!
trent.- Elles paraissaient tellement irréelles! Pendant un instant, je les ai même prises pour des fausses. A présent, elles ne seront plus sottement placées là, mais elles vous auront été offertes, ce qui leur donnera du sens.
méd.- (d'abord sceptique puis joue le jeu) Oh, merci! Quelle délicate attention. (Va chercher le vase; le désignant:)Mon préféré! (le remplit d'eau et le repose sur le bureau).
trent.- Alors?
méd.- (hume le parfum des fleurs et se rasseoit) Etrangement, c'est le plus beau cadeau que l'on m'ait offert.
trent.- Vous pourriez m'en faire un bien plus beau...

tout doucement la scène s'assombrit. Au bout de quelques secondes, seul le bouquet reste éclairé par une poursuite immobile.
Il fait à présent partie du décor.

# Online seit Donnerstag, 02. August, 2007 um 17:30

à (in)juste titre surtout /photo*sleepyfeet

à (in)juste titre surtout /photo*sleepyfeet
un, deux, trois, si mon coeur bat, il ne le fait plus pour toi. cet honneur qui n'en était pas ne lui suffit plus; je pense qu'il a raison, plutôt, j'en suis certaine. La raison a ses raisons que la raison ignore, c'est à cause de cela que j'ai décidé de suivre mon coeur. on peut perdre la raison, pas le coeur. sans en avoir même, il perdure. avec coeur, je ne devrais pas t'aimer; sans coeur, je ne t'aime plus. la politesse n'a pas tout bon, comme le reste d'ailleurs. mon premier moi t'aimera encore quatre, cinq, six fois, tandis que le deuxième ne te le pardonnerais pas une septième fois.
mais il n'y a rien à dire, rien à pardonner, rien à refaire, rien à recoudre, rien à souder, rien à assourdir, rien même a l'aveuglette, un rien muet, un rien criard, tu étais un rien bavard, un rien intelligent, un rien attentif, un rien trop peu attentif, un rien trop absent, un rien inexistant. Il n'eut rien et plus rien ne sera.

Aujourd'hui les paysages, tout sauf déserts même en ton agréable absence, m'appartiennent, du moins il se trouve que j'aime le croire. compter les pavés qui ornent les murs à Pigalle le long des couloirs du métro, regarder un bon DVD en magasin en l'appréciant d'autant plus qu'on a pas à le payer, commander un café noir et fuir avant qu'il ne soit servi, glisser quelques mots de tous les jours dans les livres des bibliothèques pour faire croire aux érudits qu'ils sont témoins d'une quelconque romance monotone, boire à deux pailles, courir entre deux rails. Tout ça je peux le faire sans toi.

Mais suis-je bête -excusez-moi- tu n'as jamais été là.


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# Online seit Donnerstag, 26. Juli, 2007 um 12:15

Geändert am Donnerstag, 26. Juli, 2007 um 13:29