Je cours après le bonheur, sans le trouver vraiment. Je ne sais plus qui a dit que le bonheur ne devait pas être perçu comme but mais comme récompense. St Exupéry peut-être? Sûrement.
Seulement, les rares moments qui nous sont accordés contrastent avec le morne monotone du reste de notre vie, de ma vie en tout cas. je prends ces moments comme cause pour en avoir droit à d'autres. Sans en avoir l'intention, je fais le contraire de ce que cet homme, pourtant si sage, a pu dire. Je m'en veux, me trouve idiote et égoïstement égoïste, mais je ne sais que faire d'autre. Ne plus désirer le bonheur signifierait soit ne jamais l'avoir connu, soit l'avoir déjà obtenu. Mais comment être en possession d'une minime partie de celui-ci (il en faut beaucoup pour les autres) sans l'avoir désiré auparavant?
Se laisser surprendre... oui, mais par qui ? Par quoi ?
Soudainement...
Bonjour, qui es-tu ?
- Celui que tu cherches depuis tant de temps.
Je ne vois pas de quoi tu veux parler. Comment oses-tu prétendre me connaître?
-Je ne te connais pas. Je sais juste que je suis celui que tu as voulu.
Qui aurais-je pu vouloirà part un mari aimant, des enfants magnifiques, la santé, la famille, la réussite et l'argent, hein ? Dis-moi!
- Le bonheur ?
...
- Ah, tu vois!
Comment pourrais-tu être le bonheur ? Toi, si triste, ta peau est terne, tes habits gris. Tu me sembles irrité, cabossé, abîmé par la vie...
- C'est parce que je distribue mon bonheur, enfin le bonheur, à tout ces gens de ton espèce. Il n'en reste que très peu pour moi.
Et tu en voudrais ?
- Quelle question? Je ne sais pas, moi...
Eh ben, garde ma part de bonheur, tu en auras bien besoin.
Et, elle s'en va; le bonheur reprend ses couleurs, il s'est laissé surprendre; elle aussi.




