Elle s'en rendit compte, s'en étonna (non, ce n'était pas dans ses habitudes) et resta perplexe. C'était tout sauf futile.
La plus petite chose pouvait avoir la plus grande des significations grâce à cette semi tasse de lait demi écrémé.
Un enfant lui avait souri, l'avait tirée par la main et l'avait priée de jouer. Contre, pour rien. Elle n'avait rien fait pour mériter cet intérêt et cette affection. Sa seule présence, sa seule prestance avaient suffi à l'enfant pour qu'il lui donne son amour.
Un amour gratuit.
Rien n'était plus impossible, à ce moment, que d'y résister, malgré les conversations constructives qui se tenaient à la table des adultes. Rien n'était plus improbable que le sourire sur ces deux paires de lèvres.
Elle se leva, partit jouer avec la petite, la prit contre sa poitrine, appuyant son menton assez carré contre le haut du front de l'enfant, sa main sur la joue de l'autre et la couvrit de baisers. De baisers affectueux, eux-aussi, mais peut-être pas pour la même raison.
Un enfant l'aimait pour elle, par elle et pour rien d'autre.
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