Little girl/photo*ElifKarakok

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Le simple fait qu'il y ait du lait dans la bouteille de lait au frigo la fit sourire.
Elle s'en rendit compte, s'en étonna (non, ce n'était pas dans ses habitudes) et resta perplexe. C'était tout sauf futile.
La plus petite chose pouvait avoir la plus grande des significations grâce à cette semi tasse de lait demi écrémé.

Un enfant lui avait souri, l'avait tirée par la main et l'avait priée de jouer. Contre, pour rien. Elle n'avait rien fait pour mériter cet intérêt et cette affection. Sa seule présence, sa seule prestance avaient suffi à l'enfant pour qu'il lui donne son amour.
Un amour gratuit.
Rien n'était plus impossible, à ce moment, que d'y résister, malgré les conversations constructives qui se tenaient à la table des adultes. Rien n'était plus improbable que le sourire sur ces deux paires de lèvres.

Elle se leva, partit jouer avec la petite, la prit contre sa poitrine, appuyant son menton assez carré contre le haut du front de l'enfant, sa main sur la joue de l'autre et la couvrit de baisers. De baisers affectueux, eux-aussi, mais peut-être pas pour la même raison.
Un enfant l'aimait pour elle, par elle et pour rien d'autre.



"Someone has to die in order that the rest of us should value life more. It's contrast. " (V. Woolf)



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Little girl/photo*ElifKarakok

# Online seit Montag, 19. November, 2007 um 11:58

Geändert am Montag, 19. November, 2007 um 15:25

le néant ou le chaos,even more in love with me you'd fall/photo* mute nOface

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ne t'attends plus à rien, je n'ai plus rien à donner, rien a espérer, personne à aimer. enfin si, mais je ne peux pas, plus. cela fait des heures, des jours, peut-être même des années que le temps me dénude. Plus j'avance, plus il me découvre, plus je suis vulnérable. Je me sens nue, presque froide. On m'a usée avant d'en abuser. Toujours cette obligation, ce désir de plaire, à quel prix. J'en ai payé ma vie, peut-être même plus. Oui, la tienne avec. tu sais, je n'en ai jamais réellement valu la peine, contrairement à toi. tu mérites tout ce qu'il y a de mieux. tout le temps que j'ai eu pour moi, je te le dois, tu en as fait ce qu'il pouvait y avoir de plus beau. J'ai mal au coeur, j'ai mal à la tête, j'ai mal pour toi, mon amour, mais le reste est vide. Il n'existe plus que de manière physique. Mes mains, comme mes yeux peuvent m'étonner, leurs sens s'échangent parfois entre eux, je n'en suis plus maître. Je ne contrôle plus rien, j'ai l'impression de te perdre. je vis sous la constante menace de disparaitre , moi aussi. je ne me savais pas si éphémère, alors profite de mon reste, ainsi que du tien. Je n'aurai su être plus heureuse. je m'en vais, on verra comment ce sera là-bas. j'ai l'impression de délirer, ou plutôt que les gens croient que je délire, je ne sais pas ce qui est pire.
pense encore à moi de temps en temps, si ça t'arrive, ne doute pas. pas non plus de nous, c'est tout ce qu'il y avait de plus solide, de plus dur, de plus résistant, de plus constant, de plus grandissant, de plus inspirant.

je t'aime, comme on ne t'aimera plus jamais. cette certitude m'emplit une dernière fois.
le néant ou le chaos,even more in love with me you'd fall/photo* mute nOface

# Online seit Sonntag, 21. Oktober, 2007 um 15:18

Geändert am Sonntag, 21. Oktober, 2007 um 15:37

les conditions d'existence/photo*TreMenda

les conditions d'existence/photo*TreMenda
On n'entendait plus sa voix. De loin, de près, de par à travers la porte. Son chant continuel avait cessé, sans qu'on ne sut pourquoi. Son écho ne résonnait plus entre les portes closes de l'immeuble. Le temps semblait si long sans sa portée guillerette.
Le temps justement, elle commencait à comprendre qu'il tenait du luxe. Elle avait arrêté de chanter par peur de le perdre.
Le temps lui parut long à elle aussi preuve qu'elle n'avait pas eu tort. Etrangement, il lui semblait ne pas avoir entièrement raison non plus.
De fillette, elle passa à un âge plus avancé. Ce temps qu'elle avait voulu gagné, lui a volé sa jeunesse. Dès lors, elle se remit à chanter, seulement les voisins n'étaient plus les mêmes. Au lieu de s'attarder sur cette symphonie qu'était la belle, ils voulurent la faire taire, comme enseignant à la petite fille qu'elle était redevenur les règles de politesse.
Voilà comment les gens nous remettent à notre place et comment le temps gagnera toujours notre place.


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# Online seit Sonntag, 07. Oktober, 2007 um 13:06

the threat of my extinction/photo*muette

the threat of my extinction/photo*muette
"We can't just walk through life for the pleasure that getting lost might provide us.

We have to think and to care about other people who are certainly most interesting than we are, just because they live their life in a different way, even, if those people live by our
side.
"

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C'était comme si les oiseaux étaient pendus au nuages, retenus par de la ficelle qui les rend immobiles. Les fleurs piquées sur des tiges de fer et l'eau toute de gélatine vêtue.
Un vra
i mobile qu'on accroche au dessus de la tête des gosses pour qu'ils fassent de beaux rêves, mais surtout pour les faire taire. un mécanisme flexible rendant les choses inexistantes par surréalisme.
Tout ceci pend
ait au dessus de nous, enfin, de cette fichue gare que j'ai tant détesté premièrement parce qu'elle n'est pas anglaise, deuxièmement parce que je ne suis pas anglais, troisièmement parce qu'ici personne ne parle anglais.

El
le non plus n'étais pas Anglaise, mais assise seule sur son banc du quai d'en face, avec un charme déconcertant, c'était pardonnable.


Tout était ridicule autour de lui. Les
gens au
x parapluies braqués sous cette pluie
fi
gée, relevant le gant aux intempéries inexistan-
tes
. Il y avait un petit quelque chose d'Anglais
chez c
e monsieur où serait-ce à cause de ce
vrai brou
illard écossais?


Les gens sont passés, ses agresseurs aussi. Elle rit quand ils sortirent leurs couteaux, me regardant malicieusement. L'air de dire: je te survivrai si je survis à ça aussi. Un goût d'éternité rôdait sur ses lèvres, comment auraient-ils pu la tuer ?
Un train
passa...


Un train passa, c'était l'occasion
rêvée, allait-il m'aimer ?


..., elle n'était plus là.


Vite, je m'enfuis dans les couloirs souterrains de cette gare grouillant telle une véritable fourmilière. Depuis qu'il n'est plus là, l'impassible reprend vie.


Où est-elle ?


Il s'est levé, il se tracasse, le temps a repris son cours, il bat de plus en plus vite et me semble déjà trop court.


Que le temps est long depuis sa disparition.
Un autre train passe, je me rasseois.


Un nouveau train passe,
i
l s'asseoit.


Une présence à côté de moi, l'impertinente s'asseoit.


"Bonjour, Mr. Smith, je suis Miss Everyone, like you."


Nous étions bien Français, grâce à elle.

# Online seit Montag, 17. September, 2007 um 14:51

Geändert am Mittwoch, 07. November, 2007 um 16:22

d'avoir peur/photo*absinthe

d'avoir peur/photo*absinthe
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"L'après-spectacle est dur. Il faut se montrer comédien hors contexte. Ne pas pleurer derrière le rideau, comme je le fais si souvent, quand tout ce cirque est fini. Assumer le masque qu'est le sien, cette figure qu'est la nôtre quand ce personnage que nous ne sommes pas, n'est plus.

Certaines personnes montent sur scène pour voir 'comment ça fait', moi, je fais claquer les strapontins pour me sentir 'spectateur'. Je m'évade à travers ces caractères enruhmés ou boiteux, bossus ou ayant bon dos, afin de ne plus me faire voir dans cette banalité plane que je suis. Je suis sans aspérités.
Je suis comédienne parce que je n'avais pas le choix. Il y avait tout d'abord: la nécessité; ensuite, l'immuable de jouer tout le temps, surtout en dehors, et enfin: le non-retour.
Je suis mauvaise comédienne en scène, bonne, très bonne actrice à la ville, c'est pourquoi tu n'as sûrement rien vu venir.

Avoir la gloire quand un homme nous célèbre, mais plus encore: ne plus être comédienne qu'avec certains autres, n'en ayant plus l'utilité, ni la possibilité, avec lui. Ceci n'est pas ton cas, mais plutôt celui de Jacques, mon amant depuis peu, même si je ne suis pas sûre de t'avoir trompé un jour.
Oui, je te quitte, sans l'exclamation que pourrait y mettre cette comédienne que je ne suis plus obligée d'être, merci.

Traite moi d'ingrate, de peste, de dévergondée, de ce que tu veux après tout, c'est soit ce que je ne suis plus, soit ce que je suis encore, mais à tes yeux uniquement. Ces yeux qui ont vu les feux de la rampe, mais pas l'escalier qui en descend.

Je te souhaite une bonne vie, auprès d'une autre femme, une que tu rendras heureuse, j'en suis convainue.
Adieu, ou peut-être, à la prochaine fois, si le destin nous met sur le même trottoir.

Prends soin de toi.
Ton souvenir,
Adèle"

C'est là que j'ai su que je l'avais perdue.

# Online seit Mittwoch, 05. September, 2007 um 10:25

Geändert am Mittwoch, 05. September, 2007 um 11:13