/photo*siyahtapot

Mon âme ne cherche pas la vie éternelle, épuise le royaume des possibles.

PINDARE
 /photo*siyahtapot

# Posté le mardi 08 janvier 2008 14:18

je n'y arrive pas/photo*NataliePortman

je n'y arrive pas/photo*NataliePortman
Phase de latence, voilà tout.
Voir passer les gens, en ombres terriblement floues sillonant l'air nuageusement sombre, les heures qui défilent, se pavaner telle une vulgaire putain à la jupe trop courte. Il nous baise ce temps et c'est bien peu dire. Mais toujours rester à contempler sans voir. Avoir ce mari pervers, cette conscience absurde, ce désir de plaire qui nous maintiennent assis. Ainsi, on ne s'ose presque plus à l'accueil de sa clavicule, à l'ardeur de son engin ou à la forme de ses seins. Au rêve d'une passion dévorante, vivre d'art, tel qu'on le ressent, tel qu'on le veut. Et encore, on ne quitte pas son siège, s'attarder à rester passif. perdre son temps comme dirait l'autre, mais sans le gagner. Il siéra ceci, il siéra celà. Dès ces attentes, envoyer ballader, il n'y a rien de pire que de ne pas vivre. Tant qu'on le peut.
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# Posté le samedi 22 décembre 2007 14:12

Modifié le samedi 22 décembre 2007 14:27

by my side/photo*Francesca Woodman

by my side/photo*Francesca Woodman
Le bonheur est égoïste: quelqu'un a bien dû dire ça un jour. Le mien en tous cas.
Ces instants où l'avenir se conçoit sans miteux doutes ou flottantes hésitations, où le mouvement va de soi, où la voix soudain prend cet air cassé, apaisé, chimère confiante d'un coup.
Alors, j'aurais voulu vous l'écrire, en transmettre tant que je peux. Seulement voilà, je n'y arrive pas. Un doute, si étouffant soit-il, intimise l'espace, la toile, les draps étirés sur une nuit sans sommeil. On avance dans un gris orge, mais réconfortant parfois.
Se complaire dans le malheur, voir son âme vendue au plus offrant. Parce que les gens maintenant ont besoin d'être assisstés. Sophisme, foutaise, baliverne ou que sais-je encore,ils patientent, ils végètent, attendent un tiers, ben oui... toi, moi et le vide. Si je suis seul, ce n'est que pour mieux être épaulé. Mieux vaut en rire qu'en pleurer, ce serait là trop de complaisance.
Le bonheur c'est aussi cette impression de pouvoir prendre les choses en main, veiller à la clarté, ne plus retenir son coeur de battre, s'essouffler. Glisser notre main dans son cou pour mieux respirer et humer l'air du temps qui s'arrête.
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# Posté le samedi 15 décembre 2007 15:10

Modifié le dimanche 16 décembre 2007 05:21

J'ai oublié de respirer, ma vie était entre ses mains/photo*rooze

J'ai oublié de respirer, ma vie était entre ses mains/photo*rooze
. Quelqu'un a prononcé son nom alors que je ne m'y attendais pas. J'ai relevé la tête à une vitesse surprenante. J'avais entendu son nom, je voulais savoir ce qu'il avait fait, à quoi il ressemblait à ce moment-là, la manière dont son allure fine et fragile transcendait, la poésie avec laquelle ses mains voyagaient. J'ai posé des questions vagues pour qu'elles aient l'air anodines. J'ai tellement bien réussi que je n'ai pas eu de réponse.
. Ah si, à ce qu'il parait il voulait un arbre. Il était acharné. Pourtant son terrain est petit. Sa fille voudrait peut-être bien une balançoire, ça n'est pas du gôut de son fils, non, quoi que... elles est déjà un peu trop âgée pour cela.
J'ai pensé à sa femme, sa si belle femme. Quelqu'un dont même une autre femme pourrait tomber amoureuse, moi la première. Elle est si belle, il est si beau.

. Voyez-vous, quelqu'un m'a très simplement dit son nom, mais avant de relever la tête et d'essayer de cacher mon intérêt ainsi que mon sourire, j'ai prononcé -oh, intérieurement, n'est ce pas ?!- un aute nom. Un autre blond.

. J'ai repensé au premier, mon ventre s'est crispé par habitude mais j'ai souri. Quelque chose a changé, me dis-je, j'avais souri; aussi étonnant que cela puisse paraître, oui... j'ai souri. Souri franchement, sans mal au coeur, sans vague à l'âme, sans voix cassée ou intonations brisées.
. J'ai été honnête sans le savoir, sans le vouloir, sans m'y attendre. Lui non plus je ne l'avais pas attendu, enfin si -je pense- inconsciemment, peut-être.
. Mes sentiments font la file, s'arrangent. Je veux être auprès de lui: de l'autre blond.
je crois que je suis guérie...


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ou pas.
note à ne pas lire:
<
Je est bien moi. >

Je mélange les lettres comme on mélange les mots, sans la moindre poésie.

# Posté le lundi 26 novembre 2007 14:26

Modifié le vendredi 30 novembre 2007 14:35

Little girl/photo*ElifKarakok

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Le simple fait qu'il y ait du lait dans la bouteille de lait au frigo la fit sourire.
Elle s'en rendit compte, s'en étonna (non, ce n'était pas dans ses habitudes) et resta perplexe. C'était tout sauf futile.
La plus petite chose pouvait avoir la plus grande des significations grâce à cette semi tasse de lait demi écrémé.

Un enfant lui avait souri, l'avait tirée par la main et l'avait priée de jouer. Contre, pour rien. Elle n'avait rien fait pour mériter cet intérêt et cette affection. Sa seule présence, sa seule prestance avaient suffi à l'enfant pour qu'il lui donne son amour.
Un amour gratuit.
Rien n'était plus impossible, à ce moment, que d'y résister, malgré les conversations constructives qui se tenaient à la table des adultes. Rien n'était plus improbable que le sourire sur ces deux paires de lèvres.

Elle se leva, partit jouer avec la petite, la prit contre sa poitrine, appuyant son menton assez carré contre le haut du front de l'enfant, sa main sur la joue de l'autre et la couvrit de baisers. De baisers affectueux, eux-aussi, mais peut-être pas pour la même raison.
Un enfant l'aimait pour elle, par elle et pour rien d'autre.



"Someone has to die in order that the rest of us should value life more. It's contrast. " (V. Woolf)



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Little girl/photo*ElifKarakok

# Posté le lundi 19 novembre 2007 11:58

Modifié le lundi 19 novembre 2007 15:25