ma muse et mon bonheur

La vieille porte noire dont le verre avait été soufflé par les vagues s'ouvrit, donnant sur un cratère de vieilles dalles saccagées par de peu scrupuleux chaussons. C'est à travers celle-ci qu'un escalier s'obstinait à tenir tête aux passants dont il semblait dévorer les furtives apparitions. Ses marches devaient grincer même sous le velours qui pluchait. il s'en pourléchait.

Elle seule avait changé.
Le temps avait offert à sa beauté un énigmatique, un infranchissable qu'elle réfutait.
On eût dit que quelques mèches de cheveux découvraient les vallées de son front et de ses pommettes creusées, qu'elles jaillissaient hors de son chignon parfaitement négligé. Par un va et vient incessant, elles respiraient ce visage qu'elles recadraient. Ces ombres sifflotantes conféraient une douceur survoltée à cette grâce mystérieuse qu'elle n'avait pas perdue.

Elle m'entraîna en claudiquant, sa nouvelle manière de marcher maintenant qu'une de ses jambes la trahissait, vers le salon où tout semblait avoir été transormé, même la poussière qui vagabondait perspicacement dans la pièce.
On retrouvait les moulures du plafond, témoins d'un autre temps, sur son visage, comme si, à force de contempler les choses, on finissait par s'en imprégner.
Son corps bien que plus désuet n'avait rien perdu de la précision qu'il devait autrefois incarner. Elle parvenait malgré tout, à bondir de planche en planche: le parquet ne s'embarrassait nullement d'elle, il absorbait plutôt la moindre odeur de ses mouvements.

Je l'admirais autant que je l'aimais, toujours autant.
ma muse et mon bonheur

# Online seit Donnerstag, 24. Januar, 2008 um 14:21

Geändert am Freitag, 08. Februar, 2008 um 14:06

/photo*siyahtapot

Mon âme ne cherche pas la vie éternelle, épuise le royaume des possibles.

PINDARE
 /photo*siyahtapot

# Online seit Dienstag, 08. Januar, 2008 um 14:18

je n'y arrive pas/photo*NataliePortman

je n'y arrive pas/photo*NataliePortman
Phase de latence, voilà tout.
Voir passer les gens, en ombres terriblement floues sillonant l'air nuageusement sombre, les heures qui défilent, se pavaner telle une vulgaire putain à la jupe trop courte. Il nous baise ce temps et c'est bien peu dire. Mais toujours rester à contempler sans voir. Avoir ce mari pervers, cette conscience absurde, ce désir de plaire qui nous maintiennent assis. Ainsi, on ne s'ose presque plus à l'accueil de sa clavicule, à l'ardeur de son engin ou à la forme de ses seins. Au rêve d'une passion dévorante, vivre d'art, tel qu'on le ressent, tel qu'on le veut. Et encore, on ne quitte pas son siège, s'attarder à rester passif. perdre son temps comme dirait l'autre, mais sans le gagner. Il siéra ceci, il siéra celà. Dès ces attentes, envoyer ballader, il n'y a rien de pire que de ne pas vivre. Tant qu'on le peut.
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# Online seit Samstag, 22. Dezember, 2007 um 14:12

Geändert am Samstag, 22. Dezember, 2007 um 14:27

by my side/photo*Francesca Woodman

by my side/photo*Francesca Woodman
Le bonheur est égoïste: quelqu'un a bien dû dire ça un jour. Le mien en tous cas.
Ces instants où l'avenir se conçoit sans miteux doutes ou flottantes hésitations, où le mouvement va de soi, où la voix soudain prend cet air cassé, apaisé, chimère confiante d'un coup.
Alors, j'aurais voulu vous l'écrire, en transmettre tant que je peux. Seulement voilà, je n'y arrive pas. Un doute, si étouffant soit-il, intimise l'espace, la toile, les draps étirés sur une nuit sans sommeil. On avance dans un gris orge, mais réconfortant parfois.
Se complaire dans le malheur, voir son âme vendue au plus offrant. Parce que les gens maintenant ont besoin d'être assisstés. Sophisme, foutaise, baliverne ou que sais-je encore,ils patientent, ils végètent, attendent un tiers, ben oui... toi, moi et le vide. Si je suis seul, ce n'est que pour mieux être épaulé. Mieux vaut en rire qu'en pleurer, ce serait là trop de complaisance.
Le bonheur c'est aussi cette impression de pouvoir prendre les choses en main, veiller à la clarté, ne plus retenir son coeur de battre, s'essouffler. Glisser notre main dans son cou pour mieux respirer et humer l'air du temps qui s'arrête.
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# Online seit Samstag, 15. Dezember, 2007 um 15:10

Geändert am Sonntag, 16. Dezember, 2007 um 05:21

J'ai oublié de respirer, ma vie était entre ses mains/photo*rooze

J'ai oublié de respirer, ma vie était entre ses mains/photo*rooze
. Quelqu'un a prononcé son nom alors que je ne m'y attendais pas. J'ai relevé la tête à une vitesse surprenante. J'avais entendu son nom, je voulais savoir ce qu'il avait fait, à quoi il ressemblait à ce moment-là, la manière dont son allure fine et fragile transcendait, la poésie avec laquelle ses mains voyagaient. J'ai posé des questions vagues pour qu'elles aient l'air anodines. J'ai tellement bien réussi que je n'ai pas eu de réponse.
. Ah si, à ce qu'il parait il voulait un arbre. Il était acharné. Pourtant son terrain est petit. Sa fille voudrait peut-être bien une balançoire, ça n'est pas du gôut de son fils, non, quoi que... elles est déjà un peu trop âgée pour cela.
J'ai pensé à sa femme, sa si belle femme. Quelqu'un dont même une autre femme pourrait tomber amoureuse, moi la première. Elle est si belle, il est si beau.

. Voyez-vous, quelqu'un m'a très simplement dit son nom, mais avant de relever la tête et d'essayer de cacher mon intérêt ainsi que mon sourire, j'ai prononcé -oh, intérieurement, n'est ce pas ?!- un aute nom. Un autre blond.

. J'ai repensé au premier, mon ventre s'est crispé par habitude mais j'ai souri. Quelque chose a changé, me dis-je, j'avais souri; aussi étonnant que cela puisse paraître, oui... j'ai souri. Souri franchement, sans mal au coeur, sans vague à l'âme, sans voix cassée ou intonations brisées.
. J'ai été honnête sans le savoir, sans le vouloir, sans m'y attendre. Lui non plus je ne l'avais pas attendu, enfin si -je pense- inconsciemment, peut-être.
. Mes sentiments font la file, s'arrangent. Je veux être auprès de lui: de l'autre blond.
je crois que je suis guérie...


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ou pas.
note à ne pas lire:
<
Je est bien moi. >

Je mélange les lettres comme on mélange les mots, sans la moindre poésie.

# Online seit Montag, 26. November, 2007 um 14:26

Geändert am Freitag, 30. November, 2007 um 14:35