Elle était là couchée, en ce début de printemps. Les draps d'hiver étaient restés, par peur de laisser entrer le froid. Son visage était posé, délicatement sur l'oreiller, son corps entier reposait encore pour quelques minutes, le temps que met la lumière pour devenir clé à ses paupières.
Elle se réveillerait, s'attacherait les cheveux, de la même manière que pendant les années quarante, toujours à moitié hors de leur chignon. Dès leur mise en place, ses cheveux semblaient avoir traversé la journée qui suit.
Elle ira replacer les rideaux pourtant ouverts toute l'année: pur prétexte pour s'accorder quelques secondes à la fenêtre.
Elle était la femme d'un seul homme, ne pouvait se livrer qu'à une personne à la fois, et encore, sous réserve. Elle ne parlait que très rarement d'elle, bon moyen d'éviter que les gens n'en retiennent que la moitié.
Ces temps-ci, le doute semblait s'accomoder de ses traits: devait-elle se réjouir, ce matin, des oiseaux qui chantaient en grec pour faire fuir le seul nuage qui couvrait le ciel, entièrement, ou laisser le champ libre à ses pincements qui remontaient sa colonne comme des ongles glissent sur un tableau ?
Le bonheur des autres ne lui suffisait plus, il lui faudrait tout entreprendre pour retrouver le sien, quelque part.
notice: ne regrder que la vidéo, le reste n'est qu'un ramassis immonde de virgules mal placées et un trou béant qui ne comble même pas le vide.Dessinez-moi le portrait d'un être cher, histoire d'entrer dans l'intimité de vos mots.