une mère pour une fille adoptive/photo*SnjezanaJosipovic

une mère pour une fille adoptive/photo*SnjezanaJosipovic
Son odeur de mousse de bain du matin, écumant peu à peu les premiers rayons de soleil que la neige printanière reflète sur un corps humide, à peine réveillé, qui après une petite mort commune se trouve amoureusement enfermé dans le blanc fracassé de sa baignoire, mélangée avec des esthers de vanille bourbon qu'un énième nez n'a pas réussi à rendre unique, sauf dans son sillage ; cette odeur-là m'est familière alors que nous sommes presqu'étrangères, ou pas. Faudrait-il encore demander son avis à Madame Convenance, seule fautive derrière l'éloignement qui nous cause ce manque. Peut-être devrais-je parler en mon nom ? Bien sûr que non. Pas après ce déchirement que fut notre dernier au revoir, adieu aux accents d'à bientôt. Ses lèvres contre ma joue, mon bras soutenant son buste, l'autre, traître, soigneux de ne pas être vu pour nous préserver encore quelque temps, sa main contre ma tempe ; on, trêve de nous impersonnels, a essayé d'arrêter le temps. Ne pas remettre à l'année ce que la vie nous promet dès à présent. Nous, encore nous, non je ne m'accoutume pas aux desiderata de l'impitoyable, mais l'idée de se battre jusqu'à l'épuisement pour ne faire qu'amenuiser une idylle qui vivra mieux sans sang, non.
Captive de ses bras pour lesquels j'aurais plaidé mille fois coupable –abattez-moi- les miens lui répondaient pour qu'à deux, enfermées avec les bienvenus, nous dressions des barreaux à ces chacals aux aguets. Notre seule faute fut de ne pas naître en même temps.

Si vous saviez ce que je l'aime...
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# Posté le mardi 25 mars 2008 16:52

Ne lisez pas cet artcle (cfr. effets secondaires)/Pina Bausch* Die Klage der Kaiserin

Elle était là couchée, en ce début de printemps. Les draps d'hiver étaient restés, par peur de laisser entrer le froid. Son visage était posé, délicatement sur l'oreiller, son corps entier reposait encore pour quelques minutes, le temps que met la lumière pour devenir clé à ses paupières.
Elle se réveillerait, s'attacherait les cheveux, de la même manière que pendant les années quarante, toujours à moitié hors de leur chignon. Dès leur mise en place, ses cheveux semblaient avoir traversé la journée qui suit.
Elle ira replacer les rideaux pourtant ouverts toute l'année: pur prétexte pour s'accorder quelques secondes à la fenêtre.
Elle était la femme d'un seul homme, ne pouvait se livrer qu'à une personne à la fois, et encore, sous réserve. Elle ne parlait que très rarement d'elle, bon moyen d'éviter que les gens n'en retiennent que la moitié.

Ces temps-ci, le doute semblait s'accomoder de ses traits: devait-elle se réjouir, ce matin, des oiseaux qui chantaient en grec pour faire fuir le seul nuage qui couvrait le ciel, entièrement, ou laisser le champ libre à ses pincements qui remontaient sa colonne comme des ongles glissent sur un tableau ?
Le bonheur des autres ne lui suffisait plus, il lui faudrait tout entreprendre pour retrouver le sien, quelque part.

notice: ne regrder que la vidéo, le reste n'est qu'un ramassis immonde de virgules mal placées et un trou béant qui ne comble même pas le vide.

Dessinez-moi le portrait d'un être cher, histoire d'entrer dans l'intimité de vos mots.

# Posté le mardi 11 mars 2008 16:34

Modifié le jeudi 13 mars 2008 14:55

relever la tête, vaincre le vide/photo*soheir

relever la tête, vaincre le vide/photo*soheir
A ses yeux pendaient des larmes d'étoiles qui traversaient la nuit, jusqu'à m'atteindre.
Un rien pouvait percer ce vide qui m'entourait après ces heures à jamais gagnées. Le temps m'étouffait avec ses mains souillées de toujours arracher aux gens un bonheur, aussi éphémère soit-il.

Pourtant, j'aurais eu besoin de ces mains, envahies d'expérience et de lignes, aussi fines que des branches aux arbres lointains, autour de mes hanches, de ma taille, de mon chagrin. Et mes larmes, pour retenir son attention, encore plus. Sa présence intelligible devenait nécessaire jusqu'à l'esquisse au fusain de l'ombre de sa nuque.
Son image empêche mon esprit de se reconstruire, obstrué par les beautés qu'on se donne. Ces lubies qui restent après le passage d'un hiver dévastateur.
Vouloir lui crier son importance malgré cette maigreur dont elle s'entoure, distante avec une intarissable chaleur.
Le besoin des peaux qui se touchent et des regards qui nous trahissent pour contempler un idéal à relever.
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# Posté le mercredi 27 février 2008 08:37

Modifié le mercredi 27 février 2008 09:05

ma muse et mon bonheur

La vieille porte noire dont le verre avait été soufflé par les vagues s'ouvrit, donnant sur un cratère de vieilles dalles saccagées par de peu scrupuleux chaussons. C'est à travers celle-ci qu'un escalier s'obstinait à tenir tête aux passants dont il semblait dévorer les furtives apparitions. Ses marches devaient grincer même sous le velours qui pluchait. il s'en pourléchait.

Elle seule avait changé.
Le temps avait offert à sa beauté un énigmatique, un infranchissable qu'elle réfutait.
On eût dit que quelques mèches de cheveux découvraient les vallées de son front et de ses pommettes creusées, qu'elles jaillissaient hors de son chignon parfaitement négligé. Par un va et vient incessant, elles respiraient ce visage qu'elles recadraient. Ces ombres sifflotantes conféraient une douceur survoltée à cette grâce mystérieuse qu'elle n'avait pas perdue.

Elle m'entraîna en claudiquant, sa nouvelle manière de marcher maintenant qu'une de ses jambes la trahissait, vers le salon où tout semblait avoir été transormé, même la poussière qui vagabondait perspicacement dans la pièce.
On retrouvait les moulures du plafond, témoins d'un autre temps, sur son visage, comme si, à force de contempler les choses, on finissait par s'en imprégner.
Son corps bien que plus désuet n'avait rien perdu de la précision qu'il devait autrefois incarner. Elle parvenait malgré tout, à bondir de planche en planche: le parquet ne s'embarrassait nullement d'elle, il absorbait plutôt la moindre odeur de ses mouvements.

Je l'admirais autant que je l'aimais, toujours autant.
ma muse et mon bonheur

# Posté le jeudi 24 janvier 2008 14:21

Modifié le vendredi 08 février 2008 14:06