expliquer, c'est déjà se chercher des excuses/photo*gloria aniela

expliquer, c'est déjà se chercher des excuses/photo*gloria aniela
Puisqu'ici une image d'imagination fertile et facile règne, pourquoi ne pas prendre part au mouvement? C'est ce cliquetis intransigeant du clavier qui décidera de la parution, de la mise en texte d'une ébauche en espérant qu'elle soit bonne. On espère, ça oui! On s'acharne, on se bat contre un mur insurmontable derrière lequel -il est possible d'imaginer que- tout s'ouvre, tant la beauté du monde que sa bêtise.
C'est l'histoire du mec qui, avec sa petite cuiller, creuse non pas un tunnel, mais une échelle sur le mur: il sait qu'il ne saura pas descendre de l'autre côté, c'est trop haut, mais il aura vu ce monde d'autre côté de barrière.
Je m'épuise, mes poings saignent, rauques, secs, anguleux, cassés par endroits.
Permettez-moi de me présenter: je ne m'appelle pas Henry et malgré ce qu'on pourrait croire j'ai bon goût (ainsi qu'un bon mauvais goût). J'ai seize ans, pas dix-sept, le premier nombre qu'on énumère vraiment. L'unité après la dizaine, onze, douze, treize, puis dix et sept.
Maintenant imaginez-moi dans trente ans: sans visage, pas de détails physiques, hors contexte familial, professionnel ou que sais-je encore. Pas de décors, pas de costume. Peut-être une chaise banale dans le noir, pas étouffant, neutre. Il est plus facile de s'imaginer une chose en lui attribuant une image. Disons, juste ce que je serai sans le savoir aujourd'hui. Serai-je devenue celle que je voulais être à dix-six ans? J'ai la hantise de me déçevoir. Je ne saurai pas vivre de ça. On s'imagine beau ou avec beaucoup de charme, discretion, charisme et grâce, soutenu par une épaule protectrice, résister à tout, avec le métier de nos rêves en prime, une famille et du temps pour nous s'il en reste. Après tout, qui décidera ? Moi? La vie, probablement.
J'accepte le destin, s'il existe, car s'il a quelque dessein universel, on n'est pas forcément tous perdants. Sourire à un jeu de cartes où les deux adversaires, s'épiant fixement, traquant chaque signe de la part de l'autre, finissent tous deux gagnants, avec des intérêts différents, chacun fier de la sienne sans jalouser la réussite de l'autre. Se battre et réussir.
Se battre mais réussir.
J'ai peur de moi. Un flou m'entoure. Le besoin d'une part, l'envie lui faisant face, s'arrachent chaque organe de mon ventre. Je suis le bétail, on cherche en moi le meilleur morceau à consommer. vendre à prox fort. On me fouille tout le temps, constamment, perpétuellement ses mains, ses ongles se balladent dans mes intestins, y laissant le sang dont elle s'étaient laissées tâcher.
On continue, j'avance sans savoir. On s'imagine, j'espère sans exactitude. Je, réaliste, ne demande pas l'impossible, mais le voulu.
Vouloir, voyez, voyeurs.
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(sûrement pas pour Béjart)

# Online seit Samstag, 05. April, 2008 um 08:49

coup de coeur

# Online seit Samstag, 29. März, 2008 um 08:44

une mère pour une fille adoptive/photo*SnjezanaJosipovic

une mère pour une fille adoptive/photo*SnjezanaJosipovic
Son odeur de mousse de bain du matin, écumant peu à peu les premiers rayons de soleil que la neige printanière reflète sur un corps humide, à peine réveillé, qui après une petite mort commune se trouve amoureusement enfermé dans le blanc fracassé de sa baignoire, mélangée avec des esthers de vanille bourbon qu'un énième nez n'a pas réussi à rendre unique, sauf dans son sillage ; cette odeur-là m'est familière alors que nous sommes presqu'étrangères, ou pas. Faudrait-il encore demander son avis à Madame Convenance, seule fautive derrière l'éloignement qui nous cause ce manque. Peut-être devrais-je parler en mon nom ? Bien sûr que non. Pas après ce déchirement que fut notre dernier au revoir, adieu aux accents d'à bientôt. Ses lèvres contre ma joue, mon bras soutenant son buste, l'autre, traître, soigneux de ne pas être vu pour nous préserver encore quelque temps, sa main contre ma tempe ; on, trêve de nous impersonnels, a essayé d'arrêter le temps. Ne pas remettre à l'année ce que la vie nous promet dès à présent. Nous, encore nous, non je ne m'accoutume pas aux desiderata de l'impitoyable, mais l'idée de se battre jusqu'à l'épuisement pour ne faire qu'amenuiser une idylle qui vivra mieux sans sang, non.
Captive de ses bras pour lesquels j'aurais plaidé mille fois coupable –abattez-moi- les miens lui répondaient pour qu'à deux, enfermées avec les bienvenus, nous dressions des barreaux à ces chacals aux aguets. Notre seule faute fut de ne pas naître en même temps.

Si vous saviez ce que je l'aime...
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# Online seit Dienstag, 25. März, 2008 um 16:52

Ne lisez pas cet artcle (cfr. effets secondaires)/Pina Bausch* Die Klage der Kaiserin

Elle était là couchée, en ce début de printemps. Les draps d'hiver étaient restés, par peur de laisser entrer le froid. Son visage était posé, délicatement sur l'oreiller, son corps entier reposait encore pour quelques minutes, le temps que met la lumière pour devenir clé à ses paupières.
Elle se réveillerait, s'attacherait les cheveux, de la même manière que pendant les années quarante, toujours à moitié hors de leur chignon. Dès leur mise en place, ses cheveux semblaient avoir traversé la journée qui suit.
Elle ira replacer les rideaux pourtant ouverts toute l'année: pur prétexte pour s'accorder quelques secondes à la fenêtre.
Elle était la femme d'un seul homme, ne pouvait se livrer qu'à une personne à la fois, et encore, sous réserve. Elle ne parlait que très rarement d'elle, bon moyen d'éviter que les gens n'en retiennent que la moitié.

Ces temps-ci, le doute semblait s'accomoder de ses traits: devait-elle se réjouir, ce matin, des oiseaux qui chantaient en grec pour faire fuir le seul nuage qui couvrait le ciel, entièrement, ou laisser le champ libre à ses pincements qui remontaient sa colonne comme des ongles glissent sur un tableau ?
Le bonheur des autres ne lui suffisait plus, il lui faudrait tout entreprendre pour retrouver le sien, quelque part.

notice: ne regrder que la vidéo, le reste n'est qu'un ramassis immonde de virgules mal placées et un trou béant qui ne comble même pas le vide.

Dessinez-moi le portrait d'un être cher, histoire d'entrer dans l'intimité de vos mots.

# Online seit Dienstag, 11. März, 2008 um 16:34

Geändert am Donnerstag, 13. März, 2008 um 14:55

relever la tête, vaincre le vide/photo*soheir

relever la tête, vaincre le vide/photo*soheir
A ses yeux pendaient des larmes d'étoiles qui traversaient la nuit, jusqu'à m'atteindre.
Un rien pouvait percer ce vide qui m'entourait après ces heures à jamais gagnées. Le temps m'étouffait avec ses mains souillées de toujours arracher aux gens un bonheur, aussi éphémère soit-il.

Pourtant, j'aurais eu besoin de ces mains, envahies d'expérience et de lignes, aussi fines que des branches aux arbres lointains, autour de mes hanches, de ma taille, de mon chagrin. Et mes larmes, pour retenir son attention, encore plus. Sa présence intelligible devenait nécessaire jusqu'à l'esquisse au fusain de l'ombre de sa nuque.
Son image empêche mon esprit de se reconstruire, obstrué par les beautés qu'on se donne. Ces lubies qui restent après le passage d'un hiver dévastateur.
Vouloir lui crier son importance malgré cette maigreur dont elle s'entoure, distante avec une intarissable chaleur.
Le besoin des peaux qui se touchent et des regards qui nous trahissent pour contempler un idéal à relever.
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# Online seit Mittwoch, 27. Februar, 2008 um 08:37

Geändert am Mittwoch, 27. Februar, 2008 um 09:05