Küss mich tot./photo*Alice Lemarin

Küss mich tot./photo*Alice Lemarin
Quelque part en décembre
Quelle est cette saison ? Je ne reconnais plus l'hiver, mon hiver de froid, de vide, d'attente.
L'été fut émerveillement et retour à la terre. L'automne qui par son velours pourpre me couve et me rassure, m'a ébranlée, bousculée, épuisée. Il a remis son rideau de théâtre à l'hiver qui m'expose comme il me recouvre de draps lourds et chauds, emprunts d'odeurs amies. Il est devenu blanc et cache la ville d'un épais manteau. L'air est consistant depuis qu'il est fumée hors de nos bouches qui s'embrassent ou médisent. Je m'en remets à l'inconnu, vidée de ma chaleur, vulnérable. Ma présence et mon absence. Je vis, je pleure. Je souris ou pas, mais j'existe, même pour moi. Le temps court et je finis par me dire qu'une seconde n'est plus rien. Ma folie l'a emporté, c'est de passion et de désirs que je respire.

15.02.09
J'ai perdu un texte aujourd'hui, sur elle. Je ne pensais pas que cela me chagrinerai tant. Je m'y étais appliquée et c'est surtout pour elle que je m'en veux. Elle ne connaitra pas le fond de ma pensée de cet instant-là, où elle me manquait et que je ne la voyais pas.
Mais je n'ai pas perdu que ça. Le temps s'est enfui, celui d'une histoire, belle, je pense. J'ai attendu pourtant.
L'hiver a repris. Le paysage est encore blanc, blanc de suie, blanc de reste, de fin. La semaine recommence demain matin et est pourtant si loin.
Plaquez-moi contre un mur, qu'on en finisse.

plus tard encore
et trouvez un moyen de me faire vivre

# Posté le dimanche 15 février 2009 14:33

Modifié le dimanche 15 février 2009 16:22

la femme III

la femme III
charlotte rampling

# Posté le dimanche 08 février 2009 16:20

Modifié le mercredi 11 février 2009 08:23

Abendlied/photo* Kristin Scott-Thomas

Abendlied/photo* Kristin Scott-Thomas
à M.F.S
Il y a une forêt derrière où se cache une vie dissimulée de jour aussi. Eblouis par les lumières que nous avons quittées, elle disparaît pour n'en laisser que l'essence de sa mélodie.
Sous nous crissent les gravats comme autant de rappels de la réalité qui risquerait bien de nous écorcher au retour. Les bruits de la nuit résonnent, une pluie discrète pourrait même tomber. En face, un pré ouvert et verdoyant jusqu'à son plongeon dans l'aveugle, devient le velour d'un rideau de théâtre qui se baisse sur un horizon fuyant et inachevé. On entend des voix, des voix d'enfants, surplombées de quelques accents rauques et fatigués, qui chantent un air aussi lancinant qu'il est triste et plein d'espoir.
Une chaleur pase à travers le cercle avant de retourner à la terre. Quelqu'un célèbre la fin de la journée.

Vois-tu ce qui nous attend? Ressens-tu l'impatience ?
Ce lieu est une évidence dans laquelle on peut lire même après un an d'absence. Le gîte, le coin du feu des âmes. Y pénétrer est comme traverser un théâtre vide et y recevoir les passions humaines comme un coup de couteau dans le ventre.
Alors attendons, attendons encore, pour toujours revivre ces instants. Ensemble, nous repartirons, pour s'enivrer puis regretter ces liens si serrés.

Je te l'ai dit, je n'ai pas la prétention de t'écrire un poème, je n'en ai pas les moyens, surtout en ce moment. Tout cela ne rime pas, sonne faux, insipide, parce qu'aujourd'hui, tout est retombé. Le sourire des autres et le mien, parce que le mien en dépend. Alors je vous prend dans mes bras, que vous le vouliez ou non. Que je dorme, ou pas, que je rie ou non, mais je voudrais vous consoler, vous enlever les larmes que vous pleurez pour en faire mon fardeau et vous voir resplendir à nouveau.

O Herr, Abend ist nun gekommen
die Sonne sinkt, die Nacht bricht ein
un jour, je te remplirai
un tiroir



# Posté le mardi 27 janvier 2009 14:37

Walzer

j'essaye, mais tout ce qui sort est mauvais

je vous présente ce qui me met le plus de bonne humeur pour le moment:
Nazareth Panadero et Josephine Ann Endicott qui valsent à partir de 1;01

# Posté le mardi 09 décembre 2008 15:55

Modifié le lundi 12 janvier 2009 16:23

gnädige Frau/photo*lyckefisk

gnädige Frau/photo*lyckefisk
Le froid âpre de l'hiver.
J'aimerais combler ses longues soirées d'histoires. Avoir le talent de tenir des amis de passage en haleine, au coin d'un feu. L'ivresse lourde de cannelle et les membres engourdis. Faire respirer le soleil, là où il ne se fait voir, faire danser la lune dans une forêt noire de chagrins et de désirs. Sentir les regards portés sur vous, glissant sur les méandres de vos récits, vous oubliant un peu pour vous célébrer enfin.
La vertu d'endormir bien les enfants, laissant dans votre sillage les notes de parfum qui composeront son réveil.
Le danger d'au creux de ses reins, sentir la vérité et la tromper.
Les vitres gelées derrière nos mains, une vide poudreuse asséchant le temps de son insatiable soif et pendant cet instant, boire à cet hiver qui est loin.
Loin de tout dans l'ombre de tes mains.
Je te veux pour moi, passer la neige dans un baiser, passée la neige de se retrouver.
Au creux de moi, inspirer ma prochaine histoire et frôler ce qu'on cherchait.
Je te voudrais dégoupillant les cîmes pour des lacs aériens. Mirages de voyageurs bleus par dessus leurs hanches cambrées.
Te chercher, te toucher. Ces pôles qui nous traversent comme un souffle froid, présages de malheur si nous les fuyions.
Je voudrais te prendre là, comme on écoute une histoire...

# Posté le lundi 24 novembre 2008 16:33