les rocheuses/photo*ElifKarakoc

les rocheuses/photo*ElifKarakoc
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.............................. Il pleuvait à nouveau. Le temps, sur l'île, est changeant, même en été. Il faut s'y faire.
C'est une pluie compacte. le vent n'a aucune influence sur elle, elle tombe toujours sans dévier, dans un infini filet qui s'abat bruyamment. Elle est inévitable comme un lourd rideau enveloppant qu'il faudrait traverser.
Elle commence sans prévenir et part sans un mot. Les vêtements d'été, robes, blouses, tuniques, s'ajustent, collent alors à votre corps pour en épouser les formes qu'elle dévoile à votre insu. Rien, personne n'est épargné, pourtant, l'odeur de sable chaud enfin abreuvé transpire et déjà la pluie s'est calmée.
.... La nuit, la vieille maison de pêcheur est très humide, les draps sont gelés. les porte-fenêtres paraissent des trous béants où l'air salé se faufile vicieusement. Les murs sont froids, glacés comme les averses.

Le lendemain, tout ça est oublié. L'herbe du jardin est sèche comme jamais, jaune et rèche. Un nid de fourmis a encore envahi les toilettes et le soleil resplendit.
Derrière le petit mur, on voit les restes de la soirée, arrosée elle-aussi, des fils et amis des nouveaux voisins. La maison d'enfance a été vendue, enfin, une partie seulement. On a gardé l'autre, les parents n'en voulaient plus. Moi, je ne voulais pas la quitter. On a fait des travaux, agrandi, remis une cuisine neuve et propre.
Tout me rappelle avant. La table de bois sous le figuier, par exemple, fraîche et pimpante comme elle est là, me rappelle ce vieux banc à la couleur douteuse et pourri jusqu'à la moelle, qui un jour, a cassé sous notre poids.
La cuisine, prévue pour la maison, me fait penser à celle d'en face dont l'évier était toujours bouché. Il fallait prendre une bassine dans la petite remise aux étagères à côté, pleines de cadeaux savoureux des amis, et reverser l'eau dans le romarin, sans trop de savon.
Les femmes cuisinaient assises à la table un peu bancale, mais imposante du salon, en cerisier, devant une vieille armoire de conte de fées et une horloge comme en n'en fait plus. Les hommes ne s'inquiétaient de la cuisson que quand ils relevaient le nez de leur verre déjà à moitié vide.
Après avoir mangé, généralement, la pluie retombait un peu, pour nous laisser digérer les tonnes d'huitres que nous avions avalées. Les hommes dorment au soleil à présent, sur deux chaises, risquant le torticolis à tout instant et la casquette posée sur le bout du nez, pour cacher la lumière du jour qui a repris.
Sous le linge qui pendait, un lit de camp avait été installé, un peu en retrait, pour lire.
Quand le chien qui s'était encore échappé, eut fini de réveiller la maisonnée, celle-ci se dirigeait vers la plage. Sans seaux, pelles, balles, il n'y avait pas besoin de ça. Cet océan vert ténébreux vous soulevait les tripes, puis vous replongeait dans ses abîmes avant de vous recracher sur le sable, mort de rire mais effrayé tout de même, avec parfois, un bout de maillot en moins.

Aujourd'hui je suis là, à Noirmoutier, seule. C'est mon refuge. C'est un peu le refuge à tout le monde d'ailleurs, pas besoin d'être né ici, je m'en rends bien compte. Les touristes, je les évite. Ceux qui sont là hors saison ne me dérangent pas, au contraire, ceux-là font partie des meubles, ils apprécient.
Tout ce que je vois, tout ce que je touche me plonge dans ma mémoire, mais ce n'est pas celle de mon enfance dont je parle. Ces gens de passage, les amis, les nouveaux, les amants, laissent des traces indélébiles qui font que le lieu vous appartient moins et plus encore.

(première partie)

# Online seit Dienstag, 24. Februar, 2009 um 13:44

Geändert am Dienstag, 24. Februar, 2009 um 14:18

Küss mich tot./photo*Alice Lemarin

Küss mich tot./photo*Alice Lemarin
Quelque part en décembre
Quelle est cette saison ? Je ne reconnais plus l'hiver, mon hiver de froid, de vide, d'attente.
L'été fut émerveillement et retour à la terre. L'automne qui par son velours pourpre me couve et me rassure, m'a ébranlée, bousculée, épuisée. Il a remis son rideau de théâtre à l'hiver qui m'expose comme il me recouvre de draps lourds et chauds, emprunts d'odeurs amies. Il est devenu blanc et cache la ville d'un épais manteau. L'air est consistant depuis qu'il est fumée hors de nos bouches qui s'embrassent ou médisent. Je m'en remets à l'inconnu, vidée de ma chaleur, vulnérable. Ma présence et mon absence. Je vis, je pleure. Je souris ou pas, mais j'existe, même pour moi. Le temps court et je finis par me dire qu'une seconde n'est plus rien. Ma folie l'a emporté, c'est de passion et de désirs que je respire.

15.02.09
J'ai perdu un texte aujourd'hui, sur elle. Je ne pensais pas que cela me chagrinerai tant. Je m'y étais appliquée et c'est surtout pour elle que je m'en veux. Elle ne connaitra pas le fond de ma pensée de cet instant-là, où elle me manquait et que je ne la voyais pas.
Mais je n'ai pas perdu que ça. Le temps s'est enfui, celui d'une histoire, belle, je pense. J'ai attendu pourtant.
L'hiver a repris. Le paysage est encore blanc, blanc de suie, blanc de reste, de fin. La semaine recommence demain matin et est pourtant si loin.
Plaquez-moi contre un mur, qu'on en finisse.

plus tard encore
et trouvez un moyen de me faire vivre

# Online seit Sonntag, 15. Februar, 2009 um 14:33

Geändert am Sonntag, 15. Februar, 2009 um 16:22

la femme III

la femme III
charlotte rampling

# Online seit Sonntag, 08. Februar, 2009 um 16:20

Geändert am Mittwoch, 11. Februar, 2009 um 08:23

Abendlied/photo* Kristin Scott-Thomas

Abendlied/photo* Kristin Scott-Thomas
à M.F.S
Il y a une forêt derrière où se cache une vie dissimulée de jour aussi. Eblouis par les lumières que nous avons quittées, elle disparaît pour n'en laisser que l'essence de sa mélodie.
Sous nous crissent les gravats comme autant de rappels de la réalité qui risquerait bien de nous écorcher au retour. Les bruits de la nuit résonnent, une pluie discrète pourrait même tomber. En face, un pré ouvert et verdoyant jusqu'à son plongeon dans l'aveugle, devient le velour d'un rideau de théâtre qui se baisse sur un horizon fuyant et inachevé. On entend des voix, des voix d'enfants, surplombées de quelques accents rauques et fatigués, qui chantent un air aussi lancinant qu'il est triste et plein d'espoir.
Une chaleur pase à travers le cercle avant de retourner à la terre. Quelqu'un célèbre la fin de la journée.

Vois-tu ce qui nous attend? Ressens-tu l'impatience ?
Ce lieu est une évidence dans laquelle on peut lire même après un an d'absence. Le gîte, le coin du feu des âmes. Y pénétrer est comme traverser un théâtre vide et y recevoir les passions humaines comme un coup de couteau dans le ventre.
Alors attendons, attendons encore, pour toujours revivre ces instants. Ensemble, nous repartirons, pour s'enivrer puis regretter ces liens si serrés.

Je te l'ai dit, je n'ai pas la prétention de t'écrire un poème, je n'en ai pas les moyens, surtout en ce moment. Tout cela ne rime pas, sonne faux, insipide, parce qu'aujourd'hui, tout est retombé. Le sourire des autres et le mien, parce que le mien en dépend. Alors je vous prend dans mes bras, que vous le vouliez ou non. Que je dorme, ou pas, que je rie ou non, mais je voudrais vous consoler, vous enlever les larmes que vous pleurez pour en faire mon fardeau et vous voir resplendir à nouveau.

O Herr, Abend ist nun gekommen
die Sonne sinkt, die Nacht bricht ein
un jour, je te remplirai
un tiroir



# Online seit Dienstag, 27. Januar, 2009 um 14:37

Walzer

j'essaye, mais tout ce qui sort est mauvais

je vous présente ce qui me met le plus de bonne humeur pour le moment:
Nazareth Panadero et Josephine Ann Endicott qui valsent à partir de 1;01

# Online seit Dienstag, 09. Dezember, 2008 um 15:55

Geändert am Montag, 12. Januar, 2009 um 16:23