I ate leftovers/photo* Jürgen Teller, allez voir les autres!

I ate leftovers/photo* Jürgen Teller, allez voir les autres!
Comment faire? Comment mettre des mots sur quelque chose, comment encore mettre des mots sur quelque chose? et puis, qui y arrive?
Les gens ont beau vous dire qu'ils y croient, vous pas.
Parce que vous savez ce que vous avez vu, senti, voulu toucher, effleuré.Vous avez ça devant les yeux et êtes cpables de ressortir cette image à n'importe quel moment, comme on sort un paquet de photos de sa boîte, de l'armoire dans laquelle cette boîte était cachée.
En regardant cette photo on sourit.
Mais quand sort-on encore ces photos?

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En regardant cette photo, on sourit. Derrière le photographe, il y avait ces tonnes de feuilles séchées qui crépitaient et dans lesquelles j'allais me jeter une fois qu'il en aurait fini avec son sourire forcé. Je ne voulais pas être sur sa photo.

Je me suis jetée dans les feuilles, comme d'habitude, ils m'ont tous prise pour une folle. Maintenant, je rigole avec eux, mais pendant longtemps j'ai cru que je devais éviter de m'égarer, éviter de sauter dans les bras des gens ou dans les tas de feuilles d'automnes bordeaux et dorés. Alors je souris, les feuilles sentent bon. Quand on se retourne dans les feuilles mortes, on a toujours l'impression que quelqu'un est derrière soi, qu'il vous suit et vous imite bizarrement, parce que les feuilles ne s'arrêtent de bruisser qu'un petit moment après votre propre arrêt.
J'avais l'impression que quelqu'un me suivait donc, m'épiait gentiment pour m'aggriper par les épaules au moment où je m'y attend le moins. Depuis toute petite j'adore ça, sauter dans les tas de feuilles et dans les bras des gens.

On m'a parfois dit d'arrêter de rire aussi, parce que quand je ris, tout le monde rigole. Je n'en peux rien. J'ai un rire de plongeur, je fais de l'apnée en me marrant.

Puis je rentre chez moi, sans donner de baiser à personne en arrivant. Et après avoir mangé un bout, je me remets à ranger, systématiquement. De temps en temps, quand j'ouvre un livre (on ouvre toujours une boîte ou un livre quand on range), je trouve une fleur séchée ou une lettre d'amant rongé, mille fois enfuit, deux choses qui au fond, se ressemblent fort. Parfois je trouve aussi une photo.
Et du coup, je pense aux feuilles mortes et aux couleurs des saisons et tout ce que je veux faire, c'est l'aggriper par les épaules et sauter dans ses bras, à Jean.

# Posté le mercredi 28 octobre 2009 10:09

Modifié le mercredi 28 octobre 2009 10:28

les bras chargés de printemps /photo* out of africa

les bras chargés de printemps  /photo* out of africa
Le silence se creuse comme l'eau qui s'engouffre, comme le jour qui disparaît et s'alourdit au pasage d'une fine dentelle de neige sur la branche prête à se rompre.
Où avait-elle bien pu passer?
Derrière un nuage, emportée par le vent de saison, dans la lumière de l'orage, éblouissant une nuit noire de fortes chaleurs?
L'attendre n'aurait bientôt plus eu de sens si l'on ne disait pas que les années emportent avec elles nos derniers élans. Son ombre amarrée au fond du ventre, il se rappellait de son visage rond, face au sien. Un visage qui raconte des histoires

Plus tard:
Je traîne toujours dans le sillon de son ombre. Devant moi, il fait sombre, derrière moi, la clarté.
Je me rappelle de son allure, du fil blanc auquel tenait son corps, lorsqu'elle voyageait dans la maison et que je l'épiais. Elle dansait de par les pièces dans une trajectoire qui ne semblait parfaitement maîrisée, connue, apprise, ressentie, que d'elle même ou ce qui aurait vécu avant elle. Un rituel, mon hymne. Tous ses gestes étaient lents, ses paupières fermées, son regard curieux de tout. Impossible pour elle de se regarder vraiment.
Quand elle s'asseyait dans le fauteuil ( ses pieds dépassaient toujours pour ne jamais toucher le tissu, comme les mains mortes des cygnes), elle s'y recueillait, s'adressant à une présence que je croyais humaine que ce mobilier massif, masculin, vaste, lourd, chaud, chaleureux représentait.
Une main d'homme parcourait alors son corps, la mienne, elle le sentait, savait que j'étais là et ne disait rien.
C'était comme un jeu.

# Posté le jeudi 24 septembre 2009 10:57

les gens meurent aussi en été

les gens meurent aussi en été
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Je ne croyais pas ça possible. Le temps m'a rattrapée, m'a happée.
Par bribes, ma mémoire revient. Mes souvenirs sont des lumières dans le noir qui fuyent. J'essaye de les rattraper, de les respirer encore, de sentir leur proximité, en vain. J'essaye de me dire que rien n'a changé, qu'elle comprendra.
Les gens m'ont toujours dit que je ferai bien de penser à moi. J'ai essayé, ça ne marche pas. Je préfère m'occuper des autres et n'allez pas dire que c'est plus facile.

Je voudrais fondre dans la mer, enterrée près de cette terre sacrée et humer l'air salin. Marcher en s'écorchant les pieds.
Je voudrais arrêter de trembler, enfin.
Boire à la vie, mais ne plus boire du tout.
Rester loin des souvenirs pour se rapprocher de ce qui les a parsemé.
On n'est pas plus beau sans l'autre, sans soi.

*My make up may be flacking*

# Posté le lundi 20 juillet 2009 07:53

Modifié le jeudi 13 août 2009 09:16

à Pina Bausch, hoch lebt sie

Il y a quelques jours encore, je vous parlais d'elle. il y a quelques jours encore je l'ai vue essayer de marcher soutenue par le bras discret d'un danseur qui la faisait tenir sur ses jambes. Le visage d'une pâleur de mort, d'une maigreur à couper le souffle. Aujourd'hui le monde est tout petit sans elle, il a perdu une de ses plus ferventes croyantes. je vous demande de la pleurer et de lui souhaiter bon vent.

# Posté le dimanche 20 avril 2008 16:27

Modifié le mardi 30 juin 2009 14:24